Nous vous présenterons ici les tenants et aboutissants de la profession ainsi que les modalités d’accès à la profession (formation continue ou passerelles).

I – Le métier d’avocat

Tout comme le métier de pompier ou de médecin, le métier d’avocat fascine. Respecté et apprécié du grand public, l’avocat est caractérisé dans l’imaginaire collectif par sa robe noire, son art du discours et des plaidoiries, mais la fonction revêt bien d’autres facettes.

Le rôle de l’avocat est bien sûr de défendre son client devant une cour de justice mais plus largement de défendre ses intérêts et ses droits, grâce à sa connaissance des textes de lois.

1. Les missions de l’avocat

L’avocat a pour fonctions principales la représentation et la défense de ses clients mais il est possible de segmenter son travail en quatre missions fondamentales :

    • Défendre ses clients en constituant un dossier pour accompagner son client dans toutes ses démarches et plaider sa cause devant les juges.
    • Représenter ses clients en parlant en leur nom devant les tribunaux et autres organes de justice.
    • Assister ses clients dans leurs décisions et négocier en leurs noms dans les diverses affaires auxquelles ils doivent faire face.
    • Rédiger les actes nécessaires à ses clients ou à la justice pour aboutir à la résolution de leurs contentieux.

2. Les qualités requises pour devenir avocat

Le métier d’avocat requiert de nombreuses qualités qui seront essentielles pour remplir les diverses missions qui lui seront attribuées.

Irréprochable, il doit avant tout faire preuve de probité, d’éthique et de déontologie et être mené par le désir de faire appliquer et respecter la loi. Il doit être digne de confiance et respecter le secret professionnel vis-à-vis de ses clients.

Il doit être capable d’assimiler rapidement un grand nombre d’informations pour comprendre les affaires de ses clients et organiser leurs dossiers pour pouvoir les défendre le plus efficacement possible.

L’avocat doit convaincre son auditoire à travers sa plaidoirie devant la cour et son succès passe généralement par l’éloquence qu’il mettra en place pour élever son discours. L’avocat mettra aussi en avant ses qualités d’orateur pour pouvoir défendre son client contre les arguments de son adversaire ou du procureur de la république.

Mais l’avocat passe généralement la plupart de son temps en rendez-vous avec ses clients. Il est donc important de ne pas négliger la dimension pédagogique de la profession. Il n’est pas rare que l’avocat doive convaincre ses clients pour les orienter vers les bonnes décisions. Il sera amené à jouer le médiateur voire le psychologue dans certaines situations. L’avocat peut être confronté au quotidien à des situations tendues et même parfois dures. Il est important que celui-ci garde son sang-froid et fasse preuve de professionnalisme.

3. Les opportunités de carrière de l’avocat

La plupart des avocats commencent dans la profession comme salariés, en tant que collaborateur d’un cabinet. Après plusieurs années d’expérience, il leur est possible d’ouvrir leur propre cabinet mais cela nécessite d’avoir réuni une certaine clientèle.

Au cours de sa carrière, l’avocat peut se spécialiser dans un domaine précis, via la validation de qualifications et de manière à acquérir une expertise sur un sujet particulier.

Voir notre section “Les spécialités de l’avocat

4. Le salaire de l’avocat

L’enquête menée par l’École de Formation du barreau (EFB) en février 2010 indique que 41% des nouveaux avocats perçoivent un revenu brut inférieur à 3.300 euros, tandis que 31% touchent entre 3.300 et 4.000 euros et 28% déclarent plus de 4.000 euros. Il faut retrancher environ 30% de charges sur ces montants.

Voir notre section “La rémunération de l’avocat

En 2011, le revenu annuel moyen par avocat atteignait 81 134 € (+37,4% en dix ans), tandis que le revenu médian était de 47 365 €.

Cet écart s’explique par des disparités de revenus importantes au sein de la profession suivant le secteur et le lieu d’activité, l’âge, le sexe et la structure d’exercice.

II – Les études permettant d’accéder à la profession d’avocat

1. Les diplômes nécessaires

Avant d’envisager de pouvoir passer l’examen du barreau, l’étudiant doit être titulaire d’un M1 en droit ou d’un diplôme d’Institut d’Études Politiques (IEP) ou tout autre diplôme jugé équivalent par une commission.

Lien : Site du master I en Droit de l’université de Caen

Lien : L’antenne de SciencesPo Rennes de Caen

2. L’Institut d’Études Judiciaires (IEJ)

Les futurs avocats doivent s’inscrire à un Institut d’Études Judiciaires (IEJ). Les cours ne sont pas obligatoires, il est donc possible de se préparer au concours d’entrée au CRFPA par d’autres voies, notamment les préparations privées, mais les frais d’inscription y sont plus élevés. (Institut Supérieur de Préparation aux Grandes Écoles (ISP) ou Capavocat par exemple)

Les facultés proposent de préparer les étudiants sur une année scolaire au moyen de cours d’actualité juridique et de sessions d’examens blancs ainsi que d’organiser le passage du CRFPA.

Il est reconnu que l’examen est plus ou moins difficile en fonction de la faculté dans laquelle on le passe mais quelque soit la faculté choisie, il est recommandé de prévoir de s’y préparer au minimum un an à l’avance pour espérer le réussir.

A Caen, l’IEJ est regroupé au sein de l’Institut des Métiers du Droit et de l’Administration (IMDA). Vous retrouverez toutes les informations sur ce site: Site internet de l’IMDA de Caen

3. Le Centre régional de Formation Professionnelle des Avocats (CRFPA) ou école du Barreau

a. L’examen d’entrée

Cet examen organisé au niveau régional est assez sélectif. Il admet environs 35% de ses candidats qui doivent obtenir la moyenne pour le réussir. Il n’y a pas de numerus clausus mais il n’est possible de s’y présenter que trois fois.

L’examen se compose de deux types d’épreuves :

  • les épreuves écrites d’admissibilité
  • les épreuves orales, qui déterminent l’admission. Parmi elles, on retrouve le grand oral communément appelé «grand O». Cette épreuve décisive portant sur les libertés et les droits fondamentaux s’apparente d’avantage à un entretien d’embauche qu’un simple contrôle des connaissances. C’est la capacité à exprimer ses idées et la capacité à rebondir qui seront jugées par les examinateurs

Plus d’informations sur le passage du CRFPA à Caen

b. La formation au CRFPA

La formation de l’école dure 18 mois et se décompose en trois périodes dont l’ordre varie selon les écoles :

  1. Une formation théorique commune à tous les élèves-avocats qui porte sur les fondamentaux, notamment sur la déontologie, le statut et les aspects pratiques de la profession d’avocat.
  2. La réalisation d’un projet pédagogique individuel (PPI) qui consiste en un stage en entreprise ou dans une juridiction, voire auprès d’autres professionnels du droit tels que des notaires ou des huissiers. Son objectif est de permettre une immersion dans des milieux sociaux et professionnels directement liés à la pratique du droit. À noter qu’il est également possible avec l’accord de son CRFPA de faire un Master II professionnel.
  3. Un stage au sein d’un cabinet d’avocats qui permettra aux étudiants de découvrir leur futur métier pour la première fois depuis le début de leur cursus. Ce stage permet d’acquérir les compétences professionnelles nécessaires en conditions réelles. Il n’est pas rare qu’il débouche sur une collaboration. C’est pour cette raison qu’il est recommandé de choisir son stage avec soin et opter pour le cabinet qui vous offre de réelles perspectives d’avenir.

Pour Caen, la formation est assurée par l’École des Avocats du Grand Ouest (EDAGO) de Rennes. Plus d’informations sur leur site Internet.

4. Le Certificat d’Aptitude de la Profession d’Avocat (CAPA)

Cette ultime épreuve a un pourcentage de réussite incomparable avec le CRFPA, comme en témoigne le chiffre de 98,8% de réussite en 2013. Le Capa délivré à l’issue de la formation à l’école permet aux diplômés de prêter immédiatement serment devant la Cour d’appel et de s’inscrire au barreau de leur choix.

III – Les passerelles vers le métier d’avocat

Il existe deux passerelles pour accéder au métier d’avocat.

La plus commune permet l’accès à l’avocature à une première selection de personnes, selon l’article 97 du décret du 27 Novembre 1991 organisant la profession d’avocat.

Ces personnes sont dispensées de l’obtention du CAPA et du stage mais devront formuler une demande d’admission au Conseil de l’Ordre du barreau :

« 1° les membres et anciens membres du Conseil d’Etat et les membres et anciens membres du corps des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel

2° les magistrats et anciens magistrats de la Cour des comptes, des chambres régionales des comptes et des chambres territoriales des comptes de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie

3° les magistrats et anciens magistrats de l’ordre judiciaire régis par l’ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958

4° les professeurs d’université chargés d’un enseignement juridique

5° les avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation

6° les avoués près les cours d’appel

7° les anciens avocats inscrits à un barreau français et les anciens conseils juridiques »

Il existe une autre catégorie de personnes pouvant prétendre au titre d’avocat. Elles doivent réaliser un stage et justifier d’une certaine expérience, comme le décrit l’article 98 du même décret :

« 1° les notaires, les huissiers de justice, les greffiers des tribunaux de commerce, les administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires au redressement et à la liquidation des entreprises, les anciens syndics et administrateurs judiciaires, les conseils en propriété industrielle et les anciens conseils en brevet d’invention ayant exercé leurs fonctions pendant cinq ans au moins

2° les maîtres de conférences, les maîtres assistants et les chargés de cours, s’ils sont titulaires du diplôme de docteur en droit, en sciences économiques ou en gestion, justifiant de cinq ans d’enseignement juridique en cette qualité dans les unités de formation et de recherche

3° les juristes d’entreprise justifiant de huit ans au moins de pratique professionnelle au sein du service juridique d’une ou plusieurs entreprises

4° les fonctionnaires et anciens fonctionnaires de catégorie A, ou les personnes assimilées aux fonctionnaires de cette catégorie, ayant exercé en cette qualité des activités juridiques pendant huit ans au moins, dans une administration ou un service public ou une organisation internationale

5° les juristes attachés pendant huit ans au moins à l’activité juridique d’une organisation syndicale

6° les juristes salariés d’un avocat, d’une association ou d’une société d’avocats, d’un office d’avoué ou d’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, justifiant de huit ans au moins de pratique professionnelle en cette qualité postérieurement à l’obtention du titre ou diplôme mentionné au 2° de l’article 11 de la loi du 31 décembre 1971 susvisée

7° les personnes agréées par le président du tribunal supérieur d’appel dans la collectivité départementale de Mayotte justifiant de huit ans au moins de pratique professionnelle.

Les personnes mentionnées aux 3°, 4°, 5° et 6° peuvent avoir exercé leurs activités dans plusieurs des fonctions visées dans ces dispositions dès lors que la durée totale de ces activités est au moins égale à huit ans. »

A noter que le 6° est bien entendu à entendre différemment aujourd’hui puisque la profession d’avoué a définitivement été supprimée.